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Pas de rendement sans risque!

19 février 2010

« Attachez votre ceinture; nous risquons de rencontrer une zone de turbulence! »

Cette phrase prononcée par l’agent de bord me fait toujours sourciller lors d’un voyage en avion. Encore plus si c’est le pilote lui-même qui la prononce. Cela dit, même si passer dans une “poche d’air” s’avère une expérience – au niveau physique — semblable à celle d’un voyage en montagne russe, c’est une tout autre affaire au niveau émotif; le risque encouru dans un avion me semble bien différent que dans un manège de La Ronde.

Le parallèle s’applique aussi aux marchés financiers et aux choix des véhicules de placements que comporte un portefeuille. Malgré tout, peu importe la zone de turbulence que les marchés rencontrent, si la répartition de votre portefeuille correspond à votre degré de tolérance au risque, à votre zone de confort et votre profil d’investisseur, rien ne devrait nuire à l’atteinte de vos objectifs financiers. Ces prémices appliquent surtout si le choix des placements correspond aussi à l’horizon temporel que vous vous êtes fixé pour retirer ces placements; les besoins à court terme demandent de la sécurité et le long terme peut inviter des placements de participation plus dynamiques.

Nous avons connu une zone de turbulence assez mouvementée depuis la deuxième moitié de 2008. J’inclus dans cette zone la reprise boursière de 2009 puisqu’elle correspond à l’ajustement amorcé face à la crise financière que nous avons connu.

Après avoir discuté avec quelques professionnels représentant des institutions financières, certains semblent d’avis que, de façon générale, 2010 amènera une reprise soutenue de l’économie mondiale. Lente peut-être, mais soutenue. Par contre, au niveau boursier, il est toujours possible que nous rencontrions encore des zones de turbulences, mais d’une amplitude bien moindre et moins longue que ce que nous avons vécus en 2008.

En conclusion, les fluctuations boursières font partie des choses à vivre lorsqu’on investis dans les marchés boursiers; malgré tout, il est fort certain que les marchés se feront une belle place au soleil pour le moyen et long terme…

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NORTEL: Gestion déconnectée?

27 novembre 2009

nortelLe réseau CBC annonçait jeudi soir que des hauts dirigeants de la compagnie Nortel inc. se verraient accorder des primes atteignant un total de 7,5 millions de dollars. Sur les 72 cadres supérieurs visés par ces primes, 14 d’entre eux recevraient des montants de 500 000 $ ou plus.

On peut toujours se dire qu’il faut toujours avoir toute l’information sur un sujet avant de pouvoir porter un jugement valable. Mais dans ce cas-ci, difficile de pouvoir justifier ces montants aux investisseurs qui suivent la saga de l’entreprise depuis le début du millénaire. Et au public aussi, car tous ont gouté à la médecine de la gestion Nortel pour cette même période; directement ou indirectement, car, en 1999, il était difficile de trouver un fonds de placement ne contenant pas de Nortel.

 Un simple rappel : Nortel était LE titre à posséder dans son portefeuille d’investissement entre 1995 et 2000. Un investissement de 1000 $ en 1995 (60 $ l’action) valait 2542 $ en janvier 1998, moment où l’action se voyait fractionnée en deux pour la première fois. Un an et demi plus tard, l’investissement valait 5340 $ (2 janvier 1998, valeur de 152.50 $ l’action avant fractionnement), moment du deuxième fractionnement (15 aout 1999, valeur de 320.25 $ l’action avant fractionnement). Puis un autre fractionnement s’opère le 3 mai 2000. À son pic atteint le 28 aout 2000, l’investissement valait 20 333 $. 1220 $ l’action, valeur réelle tenant ajustés avant dividendes et fractionnements; sur le parquet, l’action était alors cotée à 203 $ et bien des investisseurs voyaient l’action atteindre de sommets encore plus élevés. Alors qu’elle était perçue comme une entreprise solide, celle-ci allait s’écrouler comme un château de cartes avec l’explosion de la bulle technologique.

visulaisez l'hisorique de la valeur du titre de Nortel

 Au début des années 2000, on voit les signes d’opportunisme se multiplier dans l’entreprise. John Roth, alors PDG, profite d’abord de la vente de ses options dans l’entreprise pour encaisser un joli montant. Quelques jours plus tard, de mauvaises nouvelles sont divulguées et l’action commence sa descente. Après une série de mauvaises nouvelles, l’action se verra transigée sous les 10 $. On dévoilera que l’on jouait dans la comptabilité de l’entreprise pour favoriser la valeur du titre. Depuis, l’entreprise ne peut se remettre de ses erreurs.

 Bref, aujourd’hui Nortel vend ses actifs et ne vaut plus que 0,19 $ l’action. L’investissement de 1000 $ ne vaut maintenant que 3.16 $. Au moment où l’entreprise déclarait faillite en janvier 2009, le déficit du fonds de pension de l’entreprise se situait, selon L’AFP, entre 2,5 et 2,8 milliards de dollars. Difficile alors d’accepter des primes aussi généreuses. Mais plus rien ne me surprend quand on me parle de Nortel. Et vous?, Qu’en pensez-vous?

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Déficit de 1000 milliards : les Américains ne font jamais rien à moitié…

14 juillet 2009

grande dépressionDécidément, le gouvernement américain a ouvert ses coffres afin de restimuler leur économie. De fait, le déficit qui se chiffre de 1000 milliards, tel qu’annoncé plus tôt cette semaine, a de quoi faire frémir le simple consommateur que je suis. Mais l’économiste en moi juge l’Acte du gouvernement nécessaire, même si le chiffre semble démesuré.

En effet, la situation de l’économie américaine nécessite des mesures drastiques pour amorcer sa relance. Pour relancer une économie, on doit utiliser deux moteurs différents, soit une politique monétaire et une politique fiscale; la politique monétaire (gérée par la banque centrale d’un pays) consiste à baisser les taux d’intérêt afin de stimuler les emprunts de la population et des entreprises. Ce geste aide ainsi à stimuler la consommation et par le fait même l’économie. La politique fiscale (géré par le gouvernement d’un pays) consiste à augmenter les dépenses en infrastructures (routes, ponts, projets divers) et/ou donner des avantages fiscaux aux entreprises et aux particuliers. On stimule ainsi la réalisation de projets générateurs d’emploi en permettant d’injecter des fonds dans l’économie.

En Amérique du Nord, les taux d’intérêt sont au plus bas. Tout est fait de ce côté pour aider l’économie. Du côté de la politique fiscale, le Canada et les États-Unis sont prêts à enregistrer un déficit d’opération pour stimuler l’économie. Logiquement, nous devons laisser un peu de temps aux deux politiques pour en voir les effets bénéfiques. Évidemment, il semble difficile à accepter, de ce coté-ci de la frontière, d’avoir un déficit américain près de deux fois plus élevé que la dette nationale canadienne. Cela tient du spectaculaire. Ce qui dérange dans ce cas, c’est que ça fait depuis bientôt dix ans que les É.-U. n’ont pas fait de surplus budgétaire. En fait, le dernier surplus date de l’ère du président Clinton. De plus, au 31 décembre 2008, selon les données de NED DAVIS RESEARCH, la dette américaine était de 52 593 billions de dollars américains alors que le Produit Intérieur Brut (PIB) n’était que de 14 200 billions. La dette était donc 370 fois plus élevée que les revenus générés par le pays. (Je vous mets au défi d’avoir une dette de 370 fois plus grosse que votre revenu familial et de voir la réaction de votre institution financière…) Ce qui semble acceptable dans la macro-économie est un ratio d’environ 150 fois le PIB.

L’économie intérieure des États-Unis aura beaucoup de difficultés à se relancer rapidement. Selon moi, leur salut proviendra des marchés extérieurs, voire de leurs multinationales qui profiteront des contrats et des opérations à l’étranger. Mais tout a un prix et ce prix pourrait bien être l’émergence d’une autre nation comme puissance économique mondiale pour remplacer le dollar américain. Serait-ce la Chine ou l’Union Européenne?

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Bernard Madoff en prend pour 150 ans!

29 juin 2009

madoffLa sentence est tombée. Bernard Madoff écope de 150 ans de prison pour ses malversations financières, les pires de tous les temps. Vincent Lacroix (Norbourg), Themis Papadopoulos (Triglobal) et Lino Matteo (Mount Real) ne font que figure d’amateurs si l’on compare l’ampleur monétaire de la fraude de Madoff.

Madoff a escroqué pendant les trente dernières années ses clients en utilisant de principe de la chaîne de Ponzi.

Selon Luis Torres du journal La Presse, “À 71 ans, l’ancienne coqueluche des milieux financiers, qui a jonglé pendant 30 ans avec les milliards de dollars confiés par des banques, des particuliers aisés ou des organisations caritatives, avait plaidé coupable le 12 mars des 11 chefs d’inculpation, dont fraude, parjure, blanchiment d’argent et vol. Il évitait ainsi un procès devant jury(…) Au total, selon les enquêteurs, 13 milliards de dollars ont été remis à Madoff et les pertes se chiffreraient entre 50 et 65 milliards, correspondant aux gains qu’auraient engendré les sommes prêtées si les intérêts avaient été réels.” 

La semaine dernière, un juge a ordonné la saisie de biens de Bernard Madoff, pour un total approximatif de 171 milliards de dollars.

Bien fait pour lui! La justice américaine a de bonnes dents. Pendant ce temps, Vincent Lacroix sort de prison (pour bonne conduite!), Themis Padapopoulos est toujours en cavale et Lino Matteo est en liberté. Et les investisseurs floués sont toujours sans le sou. Décidément, nous devons trouver un moyen de se doter de bonnes dents nous aussi…

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Les marchés sont-ils vraiment repartis?

18 juin 2009

christine-hughes-agfDepuis le 9 mars dernier, les places boursières ont à peu près toutes repris une portion du terrain perdu l’an dernier. Cette remontée laisse présager que la récession pourrait tirer à sa fin à court et moyen terme. Mais ce n’est pas tout le monde qui pense ainsi.

Certes, il y a des opportunités d’investissements qui se sont présentées lors des derniers mois. Mais quand on y regarde bien, est-ce que la situation économique nous donne les données fondamentales pour valider la remontée des derniers mois? Christine Hughes en doute un peu.

À titre indicatif, madame Hughes est vice-présidente principale et portefeuilliste chez AGF et gère Le Fonds canadien équilibré AGF. Depuis août 1999. Au Canadian Lipper Awards 2009 (l’équivalent des Oscars pour les fonds communs de placement), le fonds a remporté le prix meilleur fonds équilibré canadien d’actions pour son rendement exceptionnel (au 31 décembre 2008) sur un an, par rapport à ses pairs. Le fonds a également reçu deux certificats pour son rendement sur trois ans et cinq ans dans la catégorie équilibrés canadiens d’actions. Selon Mornigstar, au 31 mai dernier, le fonds “5 étoiles” se classe dans le premier quartile pour son rendement sur 1 an, 2ans, 3, 5 et 10 ans. Un sans faute pour une gestionnaire à qui l’on demande de gérer, seulement dans ce portefeuille, 1,3 milliard de dollars canadiens. (Attention! Je ne tiens pas ici à mousser ce fonds en particulier; je veux juste montrer le sérieux de cette gestionnaire).

Toujours est-il que madame Hughes, contrairement à bien des gestionnaires de portefeuilles, reste sur la défensive depuis le début 2009. Elle préfère conserver ses positions en liquidités et en revenus fixes (28 % et 37,5 % respectivement pour un total de 65,5 %). Et ses positions en actions sont bien pondérés en aurifères. Rappelons que l’or est une valeur refuge dans un climat d’incertitude économique. Elle sait que l’économie ira mieux, mais ne voit tout simplement pas où se trouvent les fondements qui expliquent ou valident la hausse des derniers mois sur les marchés. C’est pourquoi elle préfère attendre des indications valables avant de positionner son portefeuille pour la reprise économique.

Et si madame Hughes avait tort? Personne ne pourra la blâmer d’être trop prudente dans la gestion des sous de milliers d’épargnants. Il vaut mieux se tromper en étant trop prudent qu’en étant trop agressif. Cette philosophie lui a bien servi lors de la dernière année. Nous n’avons qu’à patienter pour que l’économie nous donne des signes encourageants. Le temps nous dira si elle avait bien analysé les marchés que nous avons connu ce printemps.

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