Dossier Earl Jones; la règlementation est à revoir.

de benoitlizee

penseurSi vous le voulez bien, répondez aux questions suivantes. Savez-vous ce qu’est (selon la règlementation du Québec) :

1- Un conseiller en sécurité financière?
2- Un représentant en épargne collective?

Après avoir posé ces deux questions à plusieurs de mes clients et amis, bien peu étaient capables de me répondre correctement. Pire encore, je croyais leur parler dans une autre langue. Essayons en une autre.

3- Qu’est-ce qu’un conseiller financier?

Là, c’est plus pareil. À cette question, beaucoup d’entre eux ont répondu aisément par la réponse suivante :

« un professionnel accrédité qui nous donne des conseils et des stratégies financières et qui nous conseille aussi sur les placements et/ou les assurances. « 

LE problème est le suivant : au Québec, l’appellation « conseiller financier » ne peut être utilisée par quiconque selon notre réglementation. Le Règlement sur les titres similaires à celui de planificateur financier(L.R.Q., c. D-9.2, a. 215), qui est entrée en vigueur en 1998 proscrit ce « titre », car il juge qu’il est similaire à celui de « planificateur financier ». Bref, un professionnel peut posséder toutes les connaissances en planification financière, peu importe s’il est membre de l’Institut Québécois de Planification Financière (IQPF), personne ne peut se présenter ainsi. Ce même professionnel, s’il peut faire de la représentation en assurance de personne, doit utiliser le titre de  « conseiller en sécurité financière », ce que l’on appelait auparavant  « assureur-vie ». Ce même conseiller, s’il peut faire de la représentation sur les fonds communs de placement (ou fonds mutuels si vous préférez), doit utiliser le titre de « représentant en épargne collective ». À moins qu’il ne soit un représentant travaillant pour un courtier en valeur mobilière.

Vous trouvez ça compliqué? Je vous comprends! Mais alors comment la population peut-elle s’y retrouver? C’est pourquoi la population et les médias utilisent le titre de « conseiller financier ». C’est plus simple à comprendre pour la population en général. Tellement qu’il fut même utilisé il y a quelque temps par la revue Protégez-vous! lors d’une enquête sur les conseils offerts dans diverses succursales bancaires. La réglementation actuelle n’aide aucunement le simple investisseur de s’y retrouver à travers ces titres et appellations. Les régulateurs devraient faire leurs devoirs et profiter de la situation actuelle pour mettre un peu d’ordre dans tout ça. Earl Jones a sans doute profité du manque d’information (sur la réglementation) des gens qu’il a fraudés. Il n’a aucun permis de l’AMF. De plus, les médias écrits, radiophoniques et télévisuels le présentent ainsi « LE CONSEILLER FINANCIER EARL JONES ». Allez sur les sites WEB des différents médias pour voir…

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