Déficit de 1000 milliards : les Américains ne font jamais rien à moitié…

de benoitlizee

grande dépressionDécidément, le gouvernement américain a ouvert ses coffres afin de restimuler leur économie. De fait, le déficit qui se chiffre de 1000 milliards, tel qu’annoncé plus tôt cette semaine, a de quoi faire frémir le simple consommateur que je suis. Mais l’économiste en moi juge l’Acte du gouvernement nécessaire, même si le chiffre semble démesuré.

En effet, la situation de l’économie américaine nécessite des mesures drastiques pour amorcer sa relance. Pour relancer une économie, on doit utiliser deux moteurs différents, soit une politique monétaire et une politique fiscale; la politique monétaire (gérée par la banque centrale d’un pays) consiste à baisser les taux d’intérêt afin de stimuler les emprunts de la population et des entreprises. Ce geste aide ainsi à stimuler la consommation et par le fait même l’économie. La politique fiscale (géré par le gouvernement d’un pays) consiste à augmenter les dépenses en infrastructures (routes, ponts, projets divers) et/ou donner des avantages fiscaux aux entreprises et aux particuliers. On stimule ainsi la réalisation de projets générateurs d’emploi en permettant d’injecter des fonds dans l’économie.

En Amérique du Nord, les taux d’intérêt sont au plus bas. Tout est fait de ce côté pour aider l’économie. Du côté de la politique fiscale, le Canada et les États-Unis sont prêts à enregistrer un déficit d’opération pour stimuler l’économie. Logiquement, nous devons laisser un peu de temps aux deux politiques pour en voir les effets bénéfiques. Évidemment, il semble difficile à accepter, de ce coté-ci de la frontière, d’avoir un déficit américain près de deux fois plus élevé que la dette nationale canadienne. Cela tient du spectaculaire. Ce qui dérange dans ce cas, c’est que ça fait depuis bientôt dix ans que les É.-U. n’ont pas fait de surplus budgétaire. En fait, le dernier surplus date de l’ère du président Clinton. De plus, au 31 décembre 2008, selon les données de NED DAVIS RESEARCH, la dette américaine était de 52 593 billions de dollars américains alors que le Produit Intérieur Brut (PIB) n’était que de 14 200 billions. La dette était donc 370 fois plus élevée que les revenus générés par le pays. (Je vous mets au défi d’avoir une dette de 370 fois plus grosse que votre revenu familial et de voir la réaction de votre institution financière…) Ce qui semble acceptable dans la macro-économie est un ratio d’environ 150 fois le PIB.

L’économie intérieure des États-Unis aura beaucoup de difficultés à se relancer rapidement. Selon moi, leur salut proviendra des marchés extérieurs, voire de leurs multinationales qui profiteront des contrats et des opérations à l’étranger. Mais tout a un prix et ce prix pourrait bien être l’émergence d’une autre nation comme puissance économique mondiale pour remplacer le dollar américain. Serait-ce la Chine ou l’Union Européenne?

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